Objet de la mission

L’objet de la mission

 La mission a un triple objet.

Elle doit d’abord, au vu des éclairages rapportés, examiner les méthodes et les moyens de remédier aux dysfonctionnements. Cet objectif doit s’étayer sur une méthodologie irréprochable, sinon le remède proposé risque d’être pire que le mal. Nous avons vu que la méthodologie était discutable.

Elle doit ensuite proposer aux ministres et aux directions concernées des mesures visant à améliorer la sécurité du dispositif de santé mentale et la prévention des accidents impliquant des malades mentaux à partir des travaux élaborés et de la bibliographie accumulée. Avec une méthodologie correcte, pourquoi pas ? On peut toujours améliorer la sécurité. Sauf que l’objet du séjour d’une personne en psychiatrie n’est pas d’abord de rester « internée » mais de consentir progressivement à des soins et de sortir du lieu de soin afin de retrouver une vie la plus normale possible, étayée sur des soins acceptés ou demandés, dans la communauté. La sécurité ne doit pas jouer contre le soin. Nous verrons que s’il y a eu une certaine bibliographie accumulée (retenue serait plus juste), il y a une bibliographie, beaucoup plus importante quantitativement et qualitativement, qui a été écartée de l’enquête. Nous verrons que ces références bibliographiques « oubliées » ou « non retenues » appartiennent à un même courant et proviennent toutes du terrain. Comment peut-on traiter d’un sujet tel que la sécurité en psychiatrie sans prendre en compte les ouvrages et les articles rédigés par les professionnels, qu’il s’agisse de psychiatres, de psychologues, d’infirmiers, de travailleurs sociaux ou de sociologues ?

Le deuxième objet de la mission est de mieux comprendre quelles sont les personnes soumises à ces risques (aussi bien comme auteurs que comme victimes), de puiser des informations dans la littérature nationale et internationale pour mesurer l’ampleur des phénomènes, connaître les mesures envisagées dans d’autres pays et voir comment les enseignements sont transférables. Il est relativement aisé lorsque l’on part de 19 enquêtes sur des accidents de réaliser un portrait robot de l’agresseur et de sa victime. A la limite, il suffit même de regarder les feuilletons américains, du genre « Esprits criminels ». En procédant de cette façon, on part d’une hypothèse qu’on se garde bien d’expliciter : les accidents impliquant les malades mentaux seraient dus à la personnalité de leurs auteurs et non pas au contexte, aux circonstances. Le neurobiologiste Pierre Karli, qui fait partie des références « oubliées » a démontré dans « L’homme agressif », un de ses ouvrages, que cette hypothèse ne suffisait pas à expliquer le passage à l’acte violent. Il n’est pas le seul. Je l’ai choisi parce qu’il n’est pas suspect de « psychanalysme ». Nous reviendrons sur ce point. Retenons l’éventualité d’une bibliographie nationale et internationale ciblée. Il est tout à fait légitime de s’inspirer des mesures envisagées dans d’autres pays et de retenir les enseignements transférables. La psychiatrie procède de cette manière. Les thérapies systémiques, la psychanalyse et les thérapies cognitives et comportementales sont nées à l’étranger. Qu’une mesure vienne de l’étranger ne signifie pas qu’elle soit préférable à une mesure française. Il faut qu’elle provienne d’un pays qui a fait ses preuves non seulement en termes de sécurité mais également de gestions des soins psychiatriques. De ce point de vue, rien n’est gagné. Prendre comme modèle le pays des « serial killer » et des « personnalités multiples » se discute. Là, encore, il conviendra d’être précis.

Enfin dernier objectif, il s’agit de doter l’inspection générale et les inspections de fiches méthodologiques en cas d’accidents afin d’améliorer les pratiques d’inspection, de faciliter le bon dimensionnement du contrôle, de rendre plus sûre et efficace sa réalisation dans des délais satisfaisants. Si l’on considère que la violence est le fait d’individus particuliers, et non de contextes qui les font agir on ne fera pas la même inspection, et on ne prendra pas en compte les mêmes critères. Ce point fera de toute façon l’objet d’une note interne à diffusion restreinte, voir la note 11, page 17. Les éléments d’évaluation seront donc tenus secrets.

Bravo ! C’est de la transparence ou je n’y connais rien.

     

 

D. Friard

 

 

Commentaires (1)

1. example of an essay (site web) 22/09/2011

J'ai toujours été très intéressé à la méthodologie, même sur l'intérêt des individus, ce processus sera gardée confidentielle?

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