consentement aux soins

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# 02/09/2011 à 11:31 Pat
bonjour,
Je suis étudiante en soins infirmiers 3ème année . je désirerai faire mon TFE sur le consentement aux soins des personnes vulnérables ( soit ayant un handicap mental ou la maladie d’Alzheimer ). je ne trouve pas beaucoup de documentation, hormis que le consentement est demandé à un tiers, donc la personne n'a pas le choix que de subir le soin ? Comment se positionne l'infirmière ? peut-on laisser une personne sans soin ? le refus de soin d'un "incapable majeur " est-il pris en compte? une personne vulnérable qui refuse d'être touchée, comment fait-on ? ...je serai d'avis de respecter son refus, mais en même temps, j'aurai beaucoup de difficultés à ne pas lui donner les soins que son cas nécessiterait .moi ça me pose un problème éthique .Je souhaiterai savoir s'il existe des livres traitants de ce sujet, ou des comptes rendus sur ce thème de réflexion. merci d'avance
# 04/09/2011 à 10:11 Dominique Friard
Bonjour Pat,

Je ne sais quel mot-clé tu as utilisé pour faire ta recherche. Sans être considérable, la bibliographie relative au consentement au soin est conséquente. La question est revenue sur le tapis autour de la nouvelle loi relative à la psychiatrie, à la fois dans le discours des 39 et dans les discussions parlementaires.
Il existe des articles sur le consentement et deux ou trois ouvrages ont été publiés dans une veine assez philosophique. Evidemment, tu ne trouveras rien sur consentement au soin des personnes vulnérables. Il faut chercher.
Normalement, tu es partie d'une situation rencontrée sur le terrain qui t'a interrogée. Tu as décrit cette situation avec la plus extrême précision. Cette situation t'a amenée à te poser des questions d'ordre plus général. Dans ta bibliographie tu dois rechercher de quoi élargir ton questionnement, donc chercher sur le consentement en général et sur les questions qu'il pose. Si tu le souhaites, tu peux m'envoyer cette première partie. Le consentement n'est demandé à un tiers que si la personne est sous-tutelle ou si la personne a nommé une personne de confiance. Dans tous les autres cas de figure, c'est la personne elle-même qui donne ou non son consentement.
Je ne suis pas sûr qu'il s'agisse là d'éthique. Il faut épuiser le sujet avant d'en faire une question d'éthique. Ne pas confondre éthique et morale (impératif catégorique).
Pour t'aider vraiment, il faudrait en savoir davantage, mieux connaître le contexte.

# 10/09/2011 à 17:07 Pat
bonjour Dominique,
Merci d'avoir répondu. Bien sur que j'ai vu qu'il existait bon nombre de document sur le consentement, mais je voulais trouver des documents sur les personnes vulnérables. Des situations j'en ai plusieurs ex : un patient trisomique déficient qui doit avoir un vaccin contre la grippe, qui a peur des piqures, refuse même qu'on lui coupe les ongles de pieds. La tutrice signe une autorisation pour la vaccination. A ce moment quel est le choix du patient ? Comment se positionne l'infirmière si aucune négociation n'est possible. Maintenir le patient pour prodiguer des soins est de la maltraitance. Alors que faire ? J'ai d'autres situations similaire, avec une personne Alzheimer, rentrer en médecine pour suspicion de phlébite, à qui l'on doit faire un prélèvement sanguin, qui refuse les soins. Que faire ? Ou un patient psychotique, avec parfois des accès de violence, venant du CHS en médecine pour escarre stade 3, idem refus de soin. Dans les trois cas l'acte, les soins ont été fait avec contention par d'autres soignants. Donc comment faire lorsque l'on ne peut pas obtenir le consentement, mais que l'on doit quand même effectuer les soins. Car à ce moment là on devient maltraitant. Et est-ce que lorsque l'on est incapable majeur on peut refuser les soins ? Sinon cela veut dire que lorsque l'on est déficient on doit " tout" subir pour notre "bien" ....
Désoler pour la méprise entre éthique et morale. Pour moi la différence n'est pas si nette.
j'espère que je suis assez claire, dans ce que j'écris. Merci pour votre aide
# 10/09/2011 à 21:00 Dominique Friard
Bonjour Pat,

Il me semble qu'il faut faire la démarche inverse. D'abord choisir une situation parmi celles que tu cites dans ton message, la décrire, en détaillant bien les tenants et les aboutissants, ce qui fait débat ou non pour les protagonistes. Je ne crois pas que le problème soit celui de la vulnérabilité, enfin pas celui d'une vulnérabilité simple. Il existe des personnes vulnérables dont le point de vue est pris en compte : les SDF, par exemple. On prend en compte leur refus d'aller dans les structures d'hébergement. Il me semble que dans les exemples que tu décris, il y a quelque chose en plus ou en moins dans la vulnérabilité, et que le thème de ton TFE c'est ce quelque chose en moins ou en plus qui vient obliger le soin. Après avoir choisi ta situation et l'avoir décrite, j'insiste le plus précisément possible, il te faut l'analyser, d'une façon très serrée, avant de chercher à la généraliser. L'ouvrage de Michela Marziano : "Je consens donc je suis" pourrait t'aider à cheminer.
Qui sont donc ces personnes dont on ne recherche pas le consentement, ou dont l'avis importe peu : des personnes vulnérables. Ce pourrait être une façon absurde de définir la vulnérabilité. Jacques Chirac considéré comme une personne vulnérable par la justice le serait parce qu'il souffre d'anosognosie, autrement dit parce qu'il dénie être malade. Est-ce le cas de ton trisomique (encore qu'un vaccin ne soigne pas une maladie mais la prévient). C'est franchement abusif. Je pense que nous sommes là clairement face à un abus de pouvoir. Je pense que c'est aussi une faute professionnelle. Aucune urgence dans un vaccin contre la grippe. C'est anuuel, on peut donc préparer la personne dès le mois de janvier ou février. On a le temps de travailler le consentement, de faire en sorte qu'il ait moins peur, d'autant que ça se répète tous les ans.
En ce qui concerne la dame qui souffre d'alzheimer, l'anosognosie est patente. Il peut y avoir un risque vital même si dans mes souvenirs on peut se passer de la prise de sang pour le diagnostic. De toute façon si elle souffre d'une phlébite, elle devrait refuser de la même façon les injections destinées à traiter la phlébite. En ce qui concerne le patient psychotique avec escarre stade 3, je crains que le contexte ne soit encore plus déconnant. Il serait peut-être intéressant de le décrire. L'escarre pourrait être une conséquence de la contention, ce qui poserait la question de la prise en chargé antérieure ? Les trois cas ne sont pas équivalents, chacun mène à des pistes différentes.
Le consentement n'est pas à penser d'une façon binaire. On peut obtenir le consentement pour peu qu'on prenne le temps d'expliquer, de montrer, de rassurer. Une question subsidiaire pourrait être à quoi consent le patient, quelle représentation se fait-il de ce qui lui est proposé. Une négociation est-elle possible ?
Voilà quelques petites idées autour du thème que tu abordes. Je pense qu'il faut l'aborder par la philosophie et non pas par la vulnéabilité.
Cordialement,

Dominique

P.S. Si tu le souhaites, tu peux m'envoyer ta description de la situation initiale.

# 12/09/2011 à 11:16 Pat
Bonjour Dominique,
Merci pour vos conseils. Je pense que je vais choisir le cas concernant la patiente souffrant de la maladie d’Alzheimer, car les formatrices m'avaient demandées de faire un choix par rapport au public abordé. Je pense que je serai plus amenée à rencontrer des patients souffrant de ce type de pathologie dans les services généraux. De plus j'ai auparavant travailler dans un établissement accueillant des adultes handicapés, et je pense que je ne serai pas très objective. ( ayant démissionné car je n'étais plus en accord avec mes valeurs)
Dans un prochain message je vous décrirai ma situation. Pour l'instant nos formatrices ne nous ont donné aucune trame, et vu que nous faisons partie du nouveau programme, je ne sais pas ce qui ai attendu de nous. J'essaye de prendre un peu d'avance par rapport au cheminement de ma réflexion, car pour le moment c'est un peu brouillon, c'est plutôt un enchevêtrement de question qui se bousculent dans ma tête.
Merci. bonne journée
# 27/10/2011 à 11:37 chris
Bonjour à tous.
Je tombe par hasard sur votre site. Je suis idel et vient de terminer un mémoire sur le refus de soins à domicile des personnes ayant une MA,dans le cadre de mon master en éthique.
Pat je te donne qqs sources bibliographiques précieuses
1- www.espace-ethique-alzheimer.org Site de l'erema, centre national de recherche sur la MA. Tu y trouveras plusieurs textes sur le refus de soins en instituitons: de soignant, médecins, philosophes, juriste . (Je rappelle que le refus est un droit au regard de la loi) et aussi:
2- www.ccne.ethique.fr, site du comité consultatif national d'éthique: l'avis n°87 porte sur le consentement/refus aux soins sous le titre :refus de traitement et autonomie de la personne) et aussi:
3- www.afda qui est l'association francophone des droits de la pa. Il y a un texte du Dr georges sur le refus de soin en institutiondes personnes âgées ayant une MA.
Bon courage

# 16/02/2012 à 11:38 Charlène
Bonjour Pat,
je suis en 3ème année d'étude infirmière et mon sujet de tfe est semblable au votre. j'aimerai communiquer avec vous sur diverses informations concernant ce sujet.
merci par avance de votre réponse et du temps que vous aurez à me consacrer
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