Cohabitation

Cohabitation

 

Dans cette division où j'étais logé, les malades, mes voisins étaient relativement bien.

Et quelques infirmiers, célibataires comme moi, lorsque nous avions travaillé le matin, l'un de ces malades nous invitait à écouter, chez lui, parfois le soir, un peu de musique à son poste de T.S.F (poste à galène). Et là, écouteurs sur les oreilles, j'étais surpris et intrigué de voir notre hôte faire face à quatre ou cinq choses à la fois : soit écouter de la musique, répondre à des hallucinations auditives - "Ah ! Ah ! Les casseroles " et de prendre des notes rapides comme s'il craignait de les manquer. Il me faisait penser à ces chefs d'entreprises travaillant avec quatre ou cinq téléphones à la fois.

 

L'immersion à cette époque n'était pas un vain mot, soignants et soignés cohabitaient pour de vrai. Le savoir y faire avec la folie s'éprouvait au quotidien. A cette époque, le plan esquirolien existait encore dans certains unités. Chaque patient avait sa chambre individuelle. A l'entrée existait un espace plus réduit où le domestique (infirmier) du patient dormait. Je pense que cet aménagement a été très peu utilisé, il aurait fallu un soignant par patient !

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