La Vieille Maison Royale

La Vieille Maison Royale

 

Entièrement reconstruite d'après les plans d'Esquirol (1818), qui fut avec Pinel, à la Salpétrière et à Bicêtre, un grand précurseur de la Médecine Mentale (1793). Pinel fit, avec l'aide de son Surveillant-Chef Pussin, détacher de leurs chaînes les Aliénés.

Construits à flans de coteaux, les bâtiments d'un très beau dessin symétrique, sont étagés surt trois plateaux en paliers, de grosses colonnes de pierres de taille soutenant des galeries couvertes et ouvertures en ogive.

L'ensemble des pavillons ou divisions peut être parcouru sans qu'il soit nécessaire de sortir.

Le tout est construit sur vingt hectares d'espaces verts, de parcs aux arbres séculaires. L'ouvrage dont les travaux durèrent près de cent ans, fut terminé en 1838.

Toujours à la suite de mon pilote, après le passage de deux doubles portes, en chêne massif, sans poignée, ni clefs, nous traversâmes un premier quartier, sans nous arrêter. Je remarque au passage, un solide gaillard, casquette à galon doré, s'encadrant dans une porte, ventre en avant, ceint  d'un tablier blanc -impression fugitive de passer devant le buffet de la gare de Vierzon, côté des voies.

Portes claquées, un autre service, et là, brusquement saisi par l'atmosphère qui régnait tout autour, un vieux bonhomme assis, pipe (Jacob) au coin de la bouche, dessinait au crayon des caricatures hallucinantes ...

"Ah ! Tiens, mais je le connais !"

Un autre marchait fumant la pipe, en ricanant ; un autre encore marchait en faisant un drôle de bruit de jambes de bois à articulations métalliques grinçantes, criant :

"Assassins, assassins Messieurs les Docteurs Mignot, Marchant, le Chef Roupoil, tous des assassins !"

Au premier étage, il m'est donné une chambre : mobilier -une table, une commode à tiroirs, une chaise. Mes voisins, ce sont des malades.

Le Chef me dit :

"Vous viendrez déjeûner, et vous travaillerez demain matin." 

 

A une description rapide de la Maison de Charenton succède la première entrée dans un Quartier. Première vision des patients. Premiers cris. Mignot et Marchant sont les auteurs d'un remarquable ouvrage sur les soins infirmiers qui servit de modèle à plus d'une génération d'infirmiers. Il est attribué une chambre au jeune stagiaire qui y dormira, à proximité des patients. L'immersion est totale. Il habite l'asile qui devient son chez lui. Il ne semble pas plus choqué que ça.

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×