Les portes de la nuit

Les portes de la nuit

 

" En ce froid matin de février 1929, je faisais une entrée discrète dans ce monde inconnu :

Les Aliénés Mentaux.

Agé de vingt deux ans, je venais me présenter à Monsieur le Directeur de l'Etablissement pour un emploi de stagiaire dans ses Services. Arrivé de très bonne heure, accompagné par un vieil ami de mes parents, employé lui-même dans un établissement public voisin, il était venu me conduire avant d'aller prendre son service.

J'eus tout loisir, en compagnie du seul garçon de bureau de voir d'anciennes gravures représentant des batailles navales au temps des voiliers et ici, en couleur, le plan général de l'Etablissement.

Enfin vers onze heures, voici Monsieur le Directeur : un petit bonhomme âgé, pardessus raglan gris, barbe grise en collier.

- Ah ! C'est vous, ce jeune homme, eh bien, vous allez voir le médecin-chef et j'espère que son avis sera favorable.

Le médecin-chef, même barbe poivre-sel, en collier me reçoit dans son bureau, situé à cette époque, dans la bibliothèque médicale -vîtrine garnies de belles reliures, pièce lambrissée et parquetée de chène ciré, tables et chaises cannées.

Après quelques questions me concernant (service militaire, maladies, accidents), rien, bon. Le docteur accepte le nouveau sans difficulté.

Coup de téléphone dans les services, et un Surveillant (Chef-Infirrmier) vient me prendre en charge. Il me conduit à la lingerie. Je reçois un trousseau d'uniforme sans oublier la casquette à galon doré et, à sa suite, je monte les escaliers conduisant aux Services Médicaux."

 

En 1929, on entre à l'hôpital psychiatrique sur recommandations. Les formalités sont réduites à leur plus simple expression. C'est le médecinc-chef qui recrute. Pas de blouse blanche mais un uniforme et une casquette à galon doré.

 

 

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